Dinan, la ville où j’ai grandi.

Elle se trouve dans les côtes d’Armor, autrefois on disait les côtes du Nord, mais d’un point de vue touristique, le côté « nord » n’est pas très vendeur, aussi a-t-on préféré mettre l’accent sur l’Ouest. Et il faut reconnaître que depuis mon enfance, la ville a connu un essor touristique considérable.

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Les vieilles pierres de plus en plus vieilles chaque année, sont de mieux en mieux mises en valeur,  les vieux quartiers délabrés, désertés à une certaine époque et dont les trésors enfouis sous la végétation avaient fini par être oubliés ont été réhabilités, les maisons restaurées, chaque recoin exploité avec goût. Il faut rentrer dans les cours en se promenant, on y découvre des hôtels particuliers, des pierres sculptées, des tourelles…

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C’est beau, on s’y sent bien, les artisans sont nombreux et les galeries aussi, la promenade y est plaisante malgré la foule.  Je confirme, le côté « Ouest » ça marche!

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…Dinan c’est un ensemble de vieilles rues au pavés  rebondis et polis par les ans, les sabots et les charettes. Des rues étroites comme on construisait autrefois pour se tenir chaud peut-être. Le pivot central en est la tour de l’Horloge dont la cloche a rythmé ma vie d’enfant. Où que l’on soit dans Dinan, on l’aperçoit.
La maison que j’habitais était située juste au pied de la tour. Le passage de la tour aménagé depuis n’existait pas alors.

A la place il y avait une vaste cour pleine de recoins, qui était notre univers. De nombreux appentis où se trouvait la réserve de bois de notre voisin menuisier. nous adorions le regarder découper ses planches de bois! la scie nous vrillait dans les oreilles, il y avait de la sciure partout, et de merveilleux copeaux dorés enroulés comme des rubans. Cela sentait bon aussi! Mais lui n’aimait pas trop nous avoir dans les pattes, on le comprend, c’était assez dangereux. Alors il nous chassait…jusqu’à la prochaine fois.

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De l’autre côté du porche que l’on voit sur mon dessin, c’était la place du marché. Tous les jeudi qui était aussi le jour sans école à l’époque s’installaient les maraîchers du coin pour vendre leur production. Cela sentait bon la galette et la saucisse incontournable sur le coup de 11h!

Nous, nous aimions traîner à la fin du marché pour ramasser les fanes de poireaux, et les légumes abandonnés et jouer à la marchande. Sur l’autre place voisine, la place Dugesclin, tous les ans en février s’installait la fête foraine! les manèges et l’univers coloré du confiseur. Il travaillait le sucre dans un énorme chaudron de cuivre, je le regardais étirer de longs rubans de couleur qu’il découpait avec de grands ciseaux pour faire des berlingots, ou qu’il torsadait en sucettes. Alors que sur le marbre huilé juste à côté, les pommes d’amour rouges et brillantes refroidissaient tête en bas. Cela sentait la menthe, l’anis, la fraise selon l’heure…  Mais je crois que ce que je préférais, c’était la nougatine ambrée renflée des éclats blancs des amandes!

Finalement, quand je regarde en arrière, je me rend compte que  de ma vie d’enfant, à ma vie de mercière, j’ai toujours aimé les rubans!

 

 

 

 

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Une réponse à “Dinan, la ville où j’ai grandi.

  1. Super beau !

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